Esthétisme et biodiversité de fonds sous-marins

Un projet de l’Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier (ISEM) et d’Andromède Océanologie

Pourquoi certains sites sous-marins nous semblent-ils plus esthétiques ?
La beauté des paysages sous-marins est-elle liée à la biodiversité ?
Peut-on protéger la biodiversité tout en protégeant ce que nous trouvons beau ? …
Autant de questions auxquelles Anne-Sophie Tribot (ISEM/Andromède océanologie) a tenté de répondre grâce à vous !

esthétisme des fonds sous-marins

C’est en effet dans le cadre d’un projet de surveillance des fonds  marins méditerranéens (RECOR, observatoire-mer.fr) soutenu par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, que cette étudiante de master a étudié la perception de la beauté de fonds sous-marins à travers des photos jugées par le grand public. Elle a utilisé ainsi des données récoltées dans le cadre de l’observatoire de recherche Méditerranéen de l’environnement (OSU-OREME) qui récolte, intègre et partage des données d’observation issues de différentes disciplines pour juger de l’effet du changement global sur l’environnement.

Résumé

Plus un paysage naturel est jugé beau et plus sa protection semble légitime. La beauté des paysages est de plus considérée comme un service écosystémique :  il participe à notre bien-être. Comprendre ce qui rend les paysages beaux peut donc être un bon moyen de protéger l’environnement.
Ce travail a permis de comprendre les préférences esthétiques de fonds marins. A certaines caractéristiques biologiques et physiques, il est désormais possible d’associer des jugements esthétiques, voire des états émotionnels. Nous avons montré que certains paramètres ont un impact esthétique positif (photo préférée en présence de ce paramètre) : présence d’espèces érigées, couleurs vives, contraste intense ; quand d’autres ont un impact négatif (leur présence entraine le rejet de la photo) : présence de vase ou de fond non colonisé. Plus particulièrement, cette étude a montré que les usagers de la mer (notamment pêcheurs et plongeurs) étaient les meilleurs évaluateurs de la biodiversité.

Sur le plan scientifique :

Le but de cette étude est d’identifier les facteurs d’esthétisme du coralligène selon la perception du grand public, sur la base de quadrats photos et via une série d’enquêtes. Ces préférences esthétiques sont comparées à différentes facettes de la diversité (spécifique, fonctionnelle, phylogénétique) afin de mesurer l’association entre esthétisme et paramètres écologiques. La finalité de ce projet est de proposer des outils d’intégration des aspirations sociales aux projets de conservation des fonds marins.
La diversité de couleurs (avec certaines couleurs d’importance comme le violet), et la diversité d’espèces (avec certains groupes d’importance tel que les gorgones) sont des facteurs d’esthétisme significatifs. Ceci traduit une appréciation esthétique de la diversité spécifique et phylogénétique, qui sont d’ailleurs directement corrélés à l’esthétisme. Le trait fonctionnel le plus important semble être la forme érigée des espèces. La vase et le substrat sont des facteurs ayant un impact négatif significatif sur l’esthétisme.
Concernant la diversité fonctionnelle, seule la richesse fonctionnelle semble perceptible à l’œil humain. Le fait de pratiquer la pêche et la plongée semble modifier la perception du coralligène avec une préférence pour les sites ayant une plus grande richesse fonctionnelle.

Cette étude de Master 2 a été présentée mercredi 3 septembre 2014 à l’Université Montpellier 2 et fait l’objet d’un article scientifique en cours de rédaction.

Télécharger le rapport de stage public [PDF 2,3 Mo] :
Diversité et perception de l’esthétisme du coralligène méditerranéen.


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