Durabilis n°11 : les jardins urbains partagés

Magazine Durabilis n°11 : les jardins urbains partagés

 

Métro, boulot… râteau !

Vivre en ville, notamment dans les grandes métropoles, induit des modes et des rythmes de vie particuliers, subis ou choisis par plus de trois habitants sur quatre de notre planète.
La ville est un concentré d’habitats, de commerces, d’industries, mais aussi de services de santé, éducatifs, culturels,… Paradoxalement au beau milieu de ces lieux si densément peuplés, nombre de citadins se sentent bien seuls et côtoient la solitude. La faute à la hauteur des murs de béton et à l’étendue du bitume ? Peut-être, peut-être pas.
En tous cas, certains ont pris l’habitude de se retrouver pour cultiver ensemble leur jardin… secret.

Cueillir… l’instant présent

Dans cet univers urbain aux mille et une richesses architecturales et patrimoniales qui ont marqué leur temps et l’histoire, s’exercent d’innombrables activités humaines, va-et-vient, allées-et-venues, entrées et sorties… propres d’une ville qui vit ! Dans ce flot et ces flux, où l’on court après des minutes que l’on a déjà perdues, des jardiniers en herbes s’improvisent. Sur des coins de terre encore disponibles ils s’accordent du temps.

« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ! »
Alphonse de LAMARTINE, Le lac

Terre à terre

Il n’y a pas d’âge pour jouer avec la terre : rempoter, dépoter, semer, arroser, cueillir,… Occuper les mains stimule l’Esprit ! Le jardin urbain c’est aussi un lieu qui a son rythme de vie et ses exigences : il demande des soins, de l’attention. Le prix pour savourer d’inépuisables moments de détente, en plus de succulentes tomates ou fraises nourries d’amour et d’eau fraiche.
Et puis par les temps qui courent – il parait que des gens « jouent » avec les prix mondiaux des matières premières alimentaires – ramener un panier de produits frais et du jardin, c’est un luxe.

Vertus écologiques et pédagogiques

Le jardin dans la ville c’est aussi un peu comme une oasis qui concentrerait un peu de diversité végétale. Avec, pourquoi pas, des espèces et des essences peu communes, rustiques et oubliées, mais qui seraient adaptées au milieu. Ces jardins sont autant de « spots de biodiversité » dont les senteurs et les couleurs raviront aussi bien les citadins que les insectes pollinisateurs en mal de fleurs sauvages.
Ce micro-écosystème urbain est aussi le siège d’intenses phénomènes biologiques et phénologiques. Au fil des saisons, c’est tout un programme d’observations et de découvertes passionnantes pour tous, au-delà des 7-77 ans !

Ensemble

Mais sans doute et surtout, comme les témoignages de ce dossier le confirment, le jardin urbain partagé est un fabuleux lieu de rencontre et de partage. C’est un espace-temps propice à des relations humaines sans masque, juste avec des gants… de jardinage.
Alors que le « politiquement correct » contribue à anéantir la communication authentique entre les gens, en inventant des mots (« intégration », « mixité sociale »,…) quand il n’a pas de solution ou n’ose pas appeler « un chat un chat », des projets de proximité concrets, quant à eux, créent du lien. Leurs moyens sont essentiellement humains et leurs cadres d’action bien souvent rudimentaires, mais pragmatiques et sincères.
Gérer la Cité (Politis) c’est sans doute savoir s’appuyer sur des initiatives d’habitants qui ont des projets axés « Bien Commun » et qui rendent responsable et bienveillant le Citadin à l’égard de son (mi)lieu de vie.

Bonnes plantations automnales et surtout carpe diem.
Jérôme Valina, septembre 2010

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